La commode apparaît à la fin du XVIIe siècle. Elle porte son nom actuel à partir de 1708 et devient le meuble le plus fabriqué.Le Palais Pitti, à Florence, contient une commode datant de 1550. En Savoie, on trouve des commodes Louis XIII. La Provence a inventé la commode à arbalète, c'est-à-dire à façade à double ressaut. Le Dauphiné connaît des commodes à façades « plissée », à plusieurs ressauts.
Officiellement, ce meuble naît à Paris en 1695.Les premières commodes rappellent leur origine : le cabinet, meuble à succès au XIIeme, caisson à nombreux petits tiroirs derrière deux portes, et placé sur un haut piétement. La commode est un caisson posé presque à terre, sur des pieds courts, offrant trois grands tiroirs. Son nom vient de ce qu’elle se révèle si pratique qu’elle connaît un succès rapide et important. Inexistante en milieu rural, elle investit différentes villes françaises. De toutes les commodes régionales, la plus connue est celle de Bordeaux, caractérisée par son aspect ventru.Les premières commodes sont plutôt cubiques (ou exactement orthoédriques, parallélépipèdes rectangles) à montants et côtés droits, silhouette qui correspond bien au goût de Lyon, ou apparaît sous cette allure le premier type de la commode Lyonnaise, la plus caractéristique. De plan rectangulaire, elle possède une façade légèrement bombée. Comme les armoires, elle a des dimensions supérieures aux commodes parisiennes (1.28m) :1.33 m de large sur 0.63 cm de profondeur. Elle est entièrement en noyer, y compris le plateau, qui n’est jamais en marbre ni en « pierre ».
Elle présente déjà un décor propre à toutes le commodes lyonnaises : des moulures divisent la façade des tiroirs en trois, à l’image des portes d’armoires, avec panneau central plus petit. Un motif sculpté orne chaque extrémité et assez souvent encadre l’entrée de serrure.La commode lyonnaise connaît aussi la façade en arbalète et même la façade plissée. Enfin, plus rarement, elle sort de ses limites et de son plan rectangulaire pour s’offrir un plan bombé, dit aussi chantourné, avec façade et profil ventrus, moins cependant que la bordelaise. Selon certaine acceptation, elle est dite tombeau, quoique d’autres spécialistes se servent de cette appellation pour toute commode à trois ou quatre tiroirs et pieds courts.Un piétement très lyonnais consiste en pieds assez fort légèrement cambrés, marqués par une arrête saillante.
Le mobilier Lyonnais n'a rien de rustique . Il a influencé les mobiliers des campagnes environnantes mais il ne s'adresse qu'à de riches bourgeois , banquiers , soyeux , grands commerçants , la noblesse dans cette grande ville n'existant pratiquement pas sous l'Ancien Régime . Le meuble Lyonnais s'inscrit dans une structure parfaitement implantée au sol . L'ornementation sculptée s'inspire des modèles importés de la capitale . Les rinceaux , expression contemporaine des arabesques , sont influencés par les réalisations de Jean Bérain ( 1639 / 1711 ) , dessinateur de la chambre du roi , dont les décorations marquent entre la transition entre le Louis XIV et la Régence . Les coquilles , plus nouvelles , ont suivi de près , bientôt accompagnées de la sculpture en dentelle mise au point par les ornemanistes parisiens . Mais les rameaux de laurier si fréquents , sont typiquement Lyonnais ; et ils étaient déjà suggérés dans les buffets Renaissance .